Harry Cohen Tanugi

Mars montre comment même les formes de vie les plus simples peuvent détruire leur propre planète.

Le second modèle cherchait à identifier les caractéristiques physiques et chimiques de la croûte poreuse de Mars, à savoir la température, la composition chimique et la présence d'eau liquide. Ces caractéristiques ont été déterminées en partie par les conditions de surface (c'est-à-dire la température de surface et la composition atmosphérique) et en partie par les caractéristiques internes de la planète (c'est-à-dire le gradient thermique interne et la porosité de la croûte).

Ces deux premiers modèles ont permis de simuler les environnements de surface et souterrains de la jeune planète Mars. Cependant, de nombreuses incertitudes subsistaient quant aux principales caractéristiques de cet environnement (par exemple, le niveau de volcanisme de l'époque et le gradient thermique de la croûte). Pour remédier à ce problème, nous avons utilisé notre modèle pour explorer un grand nombre de caractéristiques potentielles, ce qui a donné lieu à une série de scénarios concernant l'aspect qu'aurait pu avoir Mars il y a environ quatre milliards d'années.

Le troisième et dernier modèle concerne la biologie d'hypothétiques micro-organismes méthanogènes martiens, en partant du principe qu'ils auraient été similaires aux méthanogènes terrestres, du moins en termes de besoins énergétiques. Grâce à ce modèle, nous pourrions évaluer l'habitabilité des conditions sur Terre pour nos microbes par rapport aux conditions environnementales souterraines sur Mars, en fonction de chaque scénario environnemental généré par les deux modèles précédents.

Lorsque les conditions données ont été jugées habitables, le troisième modèle a évalué comment ces micro-organismes auraient survécu sous la surface de Mars et - parallèlement aux modèles de croûte et de surface - comment cette biosphère microbienne souterraine aurait influencé la composition chimique de la croûte, ainsi que l'atmosphère et le climat. En combinant l'échelle microscopique de la biologie des microbes méthanogènes avec l'échelle globale du climat de Mars, ces trois modèles ont permis de simuler le comportement de l'écosystème planétaire martien.

Habitabilité souterraine très probable au sein de la croûte martienne

Un certain nombre de indices géologiques indiquent un écoulement d'eau liquide à la surface de Mars il y a quatre milliards d'années, qui aurait formé des rivières, des lacs et peut-être même des océans. Le climat martien était donc plus tempéré qu'aujourd'hui. Pour expliquer comment un tel climat a pu se produire, notre modèle de surface suppose que Mars avait une atmosphère dense (à peu près la même densité que celle de notre propre planète aujourd'hui), particulièrement riche en CO2 et en H2, plus encore que la planète Terre à l'époque.

Cette atmosphère riche en CO2 contexte atmosphérique pourrait avoir essentiellement conféré à l'H2 atmosphérique les caractéristiques d'un gaz à effet de serre remarquablement puissant. Cet H2 aurait été encore plus puissant que le CH4 dans les mêmes conditions. En d'autres termes, si 1 % de l'atmosphère martienne avait été constitué de H2, le climat aurait été davantage réchauffé que si 1 % avait été constitué de CH4.

[SOURCE]

menu