Harry Cohen Tanugi

Des scientifiques utilisent des aimants pour introduire des "micro-robots" anticancéreux dans le corps.

L'invention, bien que passionnante, n'est pas entièrement nouvelle. En novembre 2021, des chercheurs ont créé une nouvelle façon d'amener les médicaments de chimiothérapie sur le site des cellules cancéreuses grâce à des microbots.

Cette innovation est censée améliorer considérablement le traitement du cancer car elle permet l'injection directe de médicaments de chimiothérapie dans les cellules cancéreuses.

Les minuscules microbots développés ont été guidés vers leur objectif (dans ce cas, les cellules cancéreuses) par des aimants. Une fois sur place, ils libèrent la charge médicamenteuse.

Composées d'hydrogel imprimé en 3D sous la forme de divers animaux (dont un papillon, un crabe et un poisson), les petites créatures robotiques présentaient des espaces à l'intérieur où les ingénieurs pouvaient insérer des particules.

En avril 2022, des chercheurs ont conçu un robot visqueux ressemblant à une tortue, alimenté par des aimants, qui, selon eux, pourrait un jour être utilisé pour saisir des objets à l'intérieur du corps.

Il était composé d'un mélange d'un polymère appelé alcool polyvinylique, de borax et de particules d'aimants en néodyme responsables de l'attraction magnétique qui entraîne les mouvements de la bave.

La nouvelle étude a été publiée dans le journal Science.

Résumé de l'étude :

Les microrobots biohybrides à base de bactéries sont de plus en plus reconnus comme des véhicules prometteurs contrôlables de l'extérieur pour la thérapie ciblée du cancer. Les champs magnétiques, en particulier, ont été utilisés comme un moyen sûr de transférer l'énergie et de diriger leur mouvement. Jusqu'à présent, les stratégies de contrôle magnétique utilisées dans ce contexte reposent sur des gradients de champ magnétique peu évolutifs, nécessitent un retour de position actif ou sont mal adaptées aux distributions diffuses dans le corps. Nous présentons ici un schéma de contrôle par couple magnétique pour améliorer le transport à travers les barrières biologiques qui complète le taxis inné vers les noyaux tumoraux exhibé par une gamme de bactéries, montré pour Magnetospirillum magneticum comme un organisme modèle magnétiquement sensible. Cette stratégie de contrôle hybride est facilement adaptable, indépendante du retour de position, et applicable aux microrobots bactériens dispersés par le système circulatoire. Nous avons observé une multiplication par quatre de la translocation de bactéries sensibles au magnétisme à travers un modèle d'endothélium vasculaire et avons découvert que le principal mécanisme à l'origine de l'augmentation du transport est l'exploration de la surface à l'interface de la cellule sous l'effet du couple. En utilisant des sphéroïdes comme modèle de tumeur tridimensionnelle, des bactéries marquées par fluorescence ont colonisé leurs régions centrales avec un signal jusqu'à 21 fois plus élevé dans les échantillons exposés à des champs magnétiques rotatifs. Outre l'amélioration du transport, nous avons démontré que notre schéma de contrôle offre d'autres avantages, notamment la possibilité d'une optimisation en boucle fermée basée sur la détection inductive, ainsi qu'un actionnement sélectif dans l'espace pour réduire les effets hors cible. Enfin, après une injection intraveineuse systémique chez la souris, nous avons montré une augmentation significative de l'accumulation de tumeurs bactériennes, ce qui confirme la faisabilité du déploiement clinique de ce schéma de contrôle pour les microrobots biohybrides sensibles aux champs magnétiques.

[SOURCE]

menu