Harry Cohen Tanugi

Une étude révolutionnaire explique comment la mastication a façonné l'évolution humaine.

La plupart des aliments d'aujourd'hui sont transformés et plus mous. Mais nos ancêtres devaient manger des graines, des noix et des feuilles. Par conséquent, ils dépensaient beaucoup plus d'énergie à mâcher leur nourriture que les humains modernes.

"Les humains modernes sont assez bizarres", dit van Castaren. "Nous ne mâchons pas beaucoup parce que nous cuisons et transformons tous nos aliments avant de manger. Mais nos ancêtres auraient passé beaucoup de temps à mâcher".

En outre, Amanda Henry, co-auteur de l'étude, a également déclaré : "Nous supposons que la sélection naturelle a produit des mâchoires, des muscles faciaux et des dents qui rendent le système de mastication aussi efficace que possible, minimisant ainsi l'énergie dépensée pour mâcher les aliments. Nous pensons donc que la façon dont les humains mâchent aujourd'hui a été optimisée par l'évolution."

Cette découverte devrait permettre de mieux comprendre la morphologie humaine.

Résumé de l'étude :

Tout changement dans le coût énergétique de la mastication des mammifères affectera le gain énergétique net des aliments. Bien que l'efficacité énergétique de l'effort masticatoire soit fondamentale pour comprendre l'évolution du système masticatoire humain, on ne sait actuellement rien des coûts métaboliques associés à la mastication de différents aliments. Ici, en utilisant la respirométrie et l'électromyographie du muscle masséter, nous démontrons que la mastication par des sujets humains représente un puits d'énergie mesurable. La mastication d'un chewing-gum inodore et sans goût augmente le taux métabolique de 10 à 15 % par rapport aux niveaux basaux. La dépense énergétique augmente avec la rigidité de la gomme et est payée par un recrutement musculaire plus important. Pour les humains modernes, il est probable que la mastication ne représente qu'une petite partie du budget énergétique quotidien. Cependant, pour nos ancêtres, avant l'apparition de la cuisine et des méthodes sophistiquées de traitement des aliments, les coûts devaient être relativement élevés, ajoutant une dimension énergétique jusqu'alors inexplorée à l'interprétation des fossiles dento-faciaux d'hominidés.

[SOURCE]

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