Harry Cohen Tanugi

Une nouvelle molécule de petite taille et moins coûteuse pourrait rendre l'immunothérapie accessible à tous les patients atteints de cancer

Une alternative plus petite mais plus intelligente

Si la découverte faite par les lauréats du prix Nobel de 2018 est grandement prometteuse en matière de lutte contre le cancer, certains revers sont à prendre en compte. Tout d'abord, les anticorps sont coûteux à produire ; ils ne sont donc pas accessibles à tous les patients. Deuxièmement, les anticorps sont trop gros pour pénétrer à travers une tumeur solide ; par conséquent, le traitement prend du retard, affectant toutes les parties du cancer.

Les chercheurs ont cependant combiné des outils de bioinformatique et d'analyse de données pour trouver une alternative plus petite mais plus intelligente.

"Rita Acúrcio, chercheuse post-doctorale, a commencé avec des milliers de structures moléculaires, et en utilisant des modèles de conception de médicaments assistée par ordinateur (CADD) et des bases de données, nous avons réduit la liste des candidats jusqu'à ce que nous arrivions à la meilleure structure", explique le professeur Satchi-Fainaro.

"Dans la deuxième étape, nous avons confirmé que la petite molécule contrôle la croissance tumorale aussi efficacement que les anticorps - elle inhibe PD-L1 chez les animaux modifiés pour avoir des cellules T humaines. En d'autres termes, nous avons mis au point une molécule qui peut inhiber la liaison PD-1/PD-L1 et rappeler au système immunitaire qu'il doit attaquer le cancer. De plus, cette nouvelle molécule présente des avantages majeurs par rapport au traitement par anticorps."

"Tout d'abord, le coût : l'anticorps étant une molécule biologique et non synthétique, sa production nécessite une infrastructure complexe et des fonds considérables, soit environ 200 000 dollars par an et par patient. En revanche, nous avons déjà synthétisé la petite molécule avec un équipement simple, en peu de temps et à une fraction du coût. Un autre avantage de la petite molécule est que les patients pourront probablement la prendre chez eux, par voie orale, sans avoir besoin de l'administrer par voie intraveineuse à l'hôpital."

[SOURCE]

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